Mon cher César

« Invictus » n'est pas le mot qui me va le mieux, j'ai été défait et humilié sans même voir le film.
Et j'ai jeté l'éponge, et plutôt mon billet d'entrée aux pieds de mon vainqueur, le farouche projectionniste qui défend sa salle des affreux trop pressés de s'y assoir.
Il aurait été inutile d'essayer de voir le film en ruminant pendant la durée du film sur l'agressivité de celui que j'aurais senti derrière moi, et que dorénavant je vais associer à un de mes cinémas favoris.
Je suis surement trop susceptible de nature et ce garçon était peut être en surcharge de travail ou a une aversion pour le public. Soit. Mais je ne vais plus pouvoir m'empêcher d'associer le lieu et l'agression – je sais que c'est un mot un peu fort mais je ressens vraiment la manière dont je me suis fait signifier que je n'étais pas à ma place dans ce couloir comme une agression – et je ne pourrais pas non plus oublier le « au revoir » narquois qui a salué mon replis humilié mais définitif.
Mon cher César je te signifie ici à la fois ma rage désespérée et notre séparation après tant de bons souvenirs et de films. Adieu donc, mais peut être nous croiserons nous à nouveaux dans des lieux ou on défend le cinéma d'art. Pas dans l'immédiat, et peut être moins sur la même longueur d'onde ou avec un regard différent sur le cinéma à la maison.