Je me souviens d’un homme en costume/cravate fripé, un peu chauve, la quarantaine. Il manipulait des fiches et, à l’époque, des transparents qu’il projetait sur un écran au fur et à mesure des idées qu’il lui venaient. Il nous racontait l’aventure à venir des réseaux de neurones, comme un futur très possible de l’IA, qui permettait la conduite autonome et les interactions homme/machine décrites par Turing.

Nous étions une trentaine d’étudiants, certains comme moi en formation professionnelle, mais pour la plupart, des jeunes venus spécialement de l’école des Mines d’Alès.
Je me souviens des schèmes, l’unité de base d’une réflexion, ou chunk. Je me souviens de sa prédiction à 30 ans de l’avènement du deep learning, de l’exemple du jeu d’échecs, qui commençait à challenger les grands maîtres avec deep blue d’IBM. 30 ans paraissaient un siècle, c’était au milieu de la première guerre du Golfe.
Il nous avait décrit une cascade d’alimentation de données qui permettait une décision et quand, par curiosité, il nous avait demandé quels paramètres modifier pour obtenir un résultat plus pertinent, j’avais été le seul à lui répondre que c’était la quantité de données. A la suite de cet échange, nous en avons eu quelques autres où je montrais mon intérêt et ma compréhension des mécanismes qu’il décrivait.
La responsable du séminaire, Sophie, vint me voir à la fin de la présentation pour me proposer de participer au repas des chercheurs : le plus grand succès de ma carrière.
J’ai décliné cette proposition, qui aurait pu déboucher sur une orientation différente de ma vie -peut être- parce que j’avais rendez-vous avec la belle Florence !
Elle n’est pas venue
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